Road trip sportif en Nouvelle-Zélande

Posté par Ben ThouardTexte 30° Magazine / Images Benjamin Thouard

Six semaines, 8000 km, un camping-car et trois amis… Prendre la route au pays du Black Angus rime avec aventure, liberté, quête de la vague parfaite et soirées au coin du feu. Un luxe simple, une chance unique. Récit.

La Nouvelle-Zélande a longtemps été un rêve, entretenu par les récits qui nous font passer dans la même journée du ski en montagne à la baignade en bord de mer. Mais, mi-octobre, c’est devenu pour nous une réalité durant six semaines... Dans notre camping-car loué à Auckland, nous embarquons le photographe Benjamin Thouard, arrivant de Tahiti, et le caméraman Gaëtan Botrel, qui débarque de France.

Nous voilà libres de nous arrêter quand bon nous semble, de nous déplacer au gré de la météo, de passer du temps les pieds dans le sable ou les boots dans la poudreuse! Aucun itinéraire: le vrai luxe. Un terreau favorable aux plus belles rencontres. Direction Rotorua, capitale des volcans et de la culture maorie.

De bon matin, l’esprit encore embué, nous nous rendons tout de suite compte qu’ici, la terre est bien vivante. Les bassins fument, l’eau de la rivière en contrebas bouillonne. Serait-on sur une autre planète? L’entrée dans cette eau à 39 degrés contraste férocement avec les 5 degrés de l’air. Seules les têtes émergent.

En route pour le parc Wai-O-Tapu, haut lieu de la géothermie, où se trouve le fameux geyser Lady Knox… qui n’entre désormais plus en éruption sans l’aide de quelques morceaux de savon! On passe ensuite de lacs multicolores en bassins de boue. Ça jaillit, ça bouillonne et ça fume un peu partout.

La culture maorie, nous la découvrons lors d’un spectacle. L’accès aux coulisses nous permet de nous initier au haka, cette danse chantée rituelle inséparable de la Nouvelle-Zélande, qui mélange tirages de langues, postures guerrières et maquillages tribaux. On nous conte l’histoire des Maoris, débarqués en pirogue de Polynésie. Tout y passe: le chant, la danse, les instruments de musique, la chasse, les rituels...

D’aventure en aventure
Le cap est mis sur le Taranaki, un volcan surgi au milieu des plaines côtières. Le sommet de son cône, à 2518 m d’altitude, s’auréole de neige, tandis que la mer épouse les contours de l’arc de cercle qu’il forme. Etonnants contrastes. La route qui s’élance à ses pieds est baptisée «Surf Highway». Tout un programme!

Arrêtés dans le village d’Oakura, en bord de plage, nous découvrons au petit matin un spot magnifique, aux vagues qui déroulent. Stand up paddle, surf, parapente… Les heures défilent et nos sourires persistent. Le soir, feu de camp sur la plage, viande grillée, puis délicieuse nuit dans notre douillet camping-car.

A Stunt Road, le lendemain, l’aile du kite se gonfle tandis que le vent se lève. Le swell est au rendez-vous. Du haut des rochers, nous nous jetons à l’eau. Le courant est fort, les vagues belles et plutôt grosses. Pendant toute la session, le volcan nous hypnotise. Superbe paysage.

Le soir, Lee, un prof de kite anglais rencontré à Auckland, nous envoie un message: «Super conditions à la montagne, on va faire du snowkite et du snowboard.» Nous n’hésitons pas une seconde. Après une journée passée à regarder les paysages défiler, à discuter et à écouter de la musique, nous voici aux pieds des pistes.

Le jour suivant, Lee est là pour nous servir de guide. Les 500 derniers mètres de l’ascension du Ruapehu (2797 m), le plus grand volcan actif de Nouvelle-Zélande, se font à pied, car les cabines n’y montent pas. Les piolets sont indispensables. Le sol est gelé et le vent souffle de plus en plus fort. Confrontés à ces mauvaises conditions, nous décidons de trouver un autre spot en nous éloignant des pistes. Notre aile monte, retombe. Nous partons surtoilés. C’est limite, mais cela tient. Nous nous amusons comme des fous dans ce décor apocalyptique.

Cap sur l’île du Sud
Notre voyage n’aurait pas été complet sans un détour par l’île du Sud. Depuis le port de Picton, nous roulons en direction de Queenstown, la capitale des sports extrêmes. Au détour d’un virage, nous découvrons le lac Wanaka, aux eaux turquoise. Le vent y souffle entre 25 et 30 nœuds. De quoi réveiller nos ardeurs, malgré une eau gelée, dans laquelle se plongent les montagnes enneigées des Alpes néo-zélandaises. A couper le souffle! C’est ici que Ben et Gaëtan prennent congé de nous.

Nous, il nous reste trois semaines. Le temps de rejoindre le Milford Sound, un fjord majestueux, l’un des plus beaux endroits du pays. Au programme: flancs de montagnes abrupts et démesurés, cascades géantes et pingouins perdus… Nous attendons cinq jours les conditions idéales. Enfin, le vent se lève, notre aile aussi. Ça y est, nous naviguons sous les chutes d’eau, entourés de ces mastodontes de granit. La caméra filme, nous sommes tout simplement aux anges.


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