Julbo Sail Session une aventure hors-norme

Posté par JulboTexte: 30° Magazine / Images: Julbo - Jeremy Bernard

Le lunettier Julbo nous avait habitué à ses winter sessions permettant, au terme d’un concours vidéo, à un amateur de côtoyer l’espace de quelques jours un pro de la glisse. La marque jurassienne renchérit aujourd’hui en investissant le monde de la voile.

Cap sur le Horn. C’est à l’extrémité sud du continent américain, là où soufflent les quarantièmes rugissants et enflent les cinquantièmes hurlants, que la Julbo Sail Session entre en scène. Aux commandes, le skipper français Franck Cammas, dont le palmarès se lit un peu comme une anthologie de la voile : vainqueur de la Solitaire du Figaro, de la Transat Jacques-Vabre (à 3 reprises), de la Route du Rhum, de la Volvo Ocean Race, détenteur de 2010 à 2012 du record du tour du monde en équipage (trophée Jules-Verne), rien ne manque, ou presque, à ce fils d’écolos grandi à la cool près d’Aix-en-Provence – et doucement aguerri à l’océan en Méditerranée.

A ses côtés, pour l’occasion, un amateur : Yohannes Wiebel, un architecte allemand de 36 ans, marin à ses heures et vainqueur du concours de la Julbo Sail Session, organisé à l’été 2015.

Leur défi ? Contourner pour la première fois le cap Horn à bord d’un catamaran volant – un Nacra F20 Carbon FCS (pour «Flight Control System»), long de 6,20 m pour 3,20 m de large et 10,45 m de mat. Un drôle d’engin… Le bateau, puisant une force considérable dans ses voiles, tendues comme des arcs, se dresse sur ses foils, des ailes immergées qui lui permettent de se libérer de la résistance de l’eau. Résultat: une vitesse de croisière atteignant 30 nœuds et des sensations fortes garanties. Reste, bien sûr, à maîtriser les jeux d’équilibre(s)…

Un milieu hostile
Le Horn n’a rien d’un inconnu pour Franck Cammas. Par deux fois déjà, le « petit Mozart de la voile » l’a doublé lors de ses grandes courses. Mais un cap, dans ces conditions extrêmes, n’est jamais qu’une borne. Que se cache-t-il derrière, à découvrir ? Un fantastique dédale de chenaux, d’îles, de montagnes enneigées et de falaises qui souligne la fin de l’Amérique avec autant d’emphase que d’à-propos.

Première étape : maîtriser l’engin. Deuxième étape: trouver une fenêtre météo. Ici, le pouls de l’océan bat la chamade et les vents déferlent de tous les horizons à la fois – culminant à 120 nœuds (220 km/h) lors des tempêtes… Du coup, le cap Horn, c’est un peu les quatre saisons en un jour. Pluie, neige, brume, soleil, tout est possible, en même temps ou presque ! On comprend l’origine des nombreux naufrages survenus sur ce trait de côte et l’effroi des marins des temps passés tenus d’affronter les lieux avec les plus rudimentaires des instruments.

Pari gagné
Cinq jours après avoir débarqué en Terre de Feu, le 21 novembre, la météo consent à s’améliorer. Une toute petite journée. Vents: 15 nœuds. Vagues : 2,50 m. Traçant plein sud depuis Caleta Martial, sur l’isla Herschel, Franck Cammas et Yohannes Wiebel survolent les eaux de la Bahia Arquistade. L’île de Deceit pointe son museau. La houle s’intensifie. Au-delà, seul demeure le gros caillou de l’isla Hornos. Naviguant vent debout, les deux comparses la contournent par l’ouest, avant de voir apparaître les mythiques falaises noires du cap. La houle s’y écrase avec puissance, blanchissant ses flancs. Le Horn est doublé, le défi relevé. « Une expérience unique dans une vie », réalise aussitôt l’Allemand, qui affirme avoir « énormément appris aux côtés de Franck, notamment sur la manière de rester concentré après 8h d’efforts intenses ». Le navigateur, lui, avoue avoir apprécié de « partager plus encore (sa) passion ». Son prochain objectif ? L’America’s Cup, en 2017.

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