30° Degrés Magazine - Skip Trip

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au Spitzberg

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Yves Garneau

Le photographe suisso-canadien Yves Garneau s’est aventuré au Spitzberg pour tâter des pentes vierges de l’archipel norvégien, amarré par près de 80° de latitude nord. Au-delà, seul demeure le pôle. Au menu: tempêtes, crainte des ours blancs et runs sous le soleil.

Longyearbyen, 26 avril. La micro-capitale du Spitzberg (alias Svalbard) se recroqueville dans sa large vallée infertile veillée par une barrière de montagnes blanches modelées par le vent. Crêtes arrondies et arêtes rigides, comme taillées au cordeau, soulignent bien la puissance de son souffle. À leurs pieds, le fjord, en partie libre de glace, déroule sa mare bleutée et frissonnante.

Ils sont sept, Verbiérains pour la plupart, à se lancer dans l’aventure, sous la direction éclairée d’Hannu Kukkonen, vite surnommé « l’amiral », et de leurs guides locaux. Sur les trois polkas de l’expédition, préparée depuis six longs mois, s’entassent matériel de survie, vivres, téléphones satellite, panneaux solaires pour recharger les batteries et vieilles carabines louées dans le cas d’une possible rencontre (trop) rapprochée avec un ours blanc. « C’est tout ? » C’est tout.

La caravane s’ébranle, en motoneige, cœur plein d’allant. Première étape : rejoindre le camp de base, à 170 km au nord, dans le secteur isolé d’Atom Fjella. Traversant un large fjord englacé, piqueté des masses noirâtres luisantes des phoques barbus avachis près de leur trou, la troupe s’attaque ensuite à l’ascension de la calotte qui nappe le cœur de l’archipel. La montée est rude mais la récompense sonnante et trébuchante: là haut, à près de 1 100 m d’altitude, une immensité glacée crisse sans fin. Sans GPS, impossible de s’orienter dans ce no man’s land dépourvu de repère.

Malgré la fatigue accumulée après 8 heures d’efforts, le camp est monté, un trou creusé pour accueillir la « cuisine » et un système de détection de mouvement installé pour parer à toute curiosité mal placée de la part des plantigrades… S’ils le franchissent, une petite explosion et une fusée éclairante devraient les dissuader d’approcher davantage.(...)

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