30° Degrés Magazine - Montréal

Montréal
Cold & Cool

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Keystone

Le froid n’a jamais refroidi les Québécois. Loin de là. Quand l’Europe pense déjà au printemps, sur les rives du Saint-Laurent, on grelotte encore. Et alors ? A Montréal, le tempo n’en va pas moins crescendo, entre poudreries (jours blancs) et festivals. C’est qu’on aime vivre, ici.

Voici un moment qu’ils ont réussi à attirer l’attention du monde sur leur vaste hiver. Il n’a pas suffi de le chanter, comme jadis Gilles Vigneault (mon pays, c’est l’hiver) ou plus récemment Malajube (Montréal …un ours polaire dans l’autobus). Il a fallu le sculpter et carrément s’y tremper, façon bains de neige, lors du précurseur Carnaval de Québec. Il a fallu dérouler 33’700 km de tapis blanc balisé sous les patins des motoneiges (record du monde). Promettre des chiens de traîneau. Des grands espaces. Des coups de froid. Des -20°C. Des -40°C ressentis avec le vent (promesse tenue).

En mode congélateur
A Montréal, l’hiver est long. Indéniablement. On s’emmitoufle. On chausse sa tuque (bonnet). Jadis, à défaut de migrer au sud (direction : les sables de Miami), on se résignait à patauger dans la sloche (bottes obligatoires, masque et tuba en option lorsque ça fond). On glissait blafard dans la ville souterraine (alias RÉSO) – 33 km de couloirs et de boutiques à l’abri de la Sibérie, permettant de naviguer des bureaux aux centres commerciaux, des hôtels à l’Uni, de la gare au musée. Mais tout ça, c’est fini. Enfin, presque. L’hiver est encore là. Les blizzards aussi. Le Réso encore plus grand. Mais c’est l’état d’esprit qui a complément viré. Désormais, l’hiver, c’est cool !
A Montréal, on est vite sur ses patins (comprenez : on démarre au quart de tour). On glisse avec délice à l’île Bonsecours ou au Lac aux Castors (Mont-Royal). A moins qu’on ne préfère y skier (à fond), raquetter ou luger. L’occasion de ressortir sa vieille crazy carpet (pardon : son tapis-luge, dit l’Office Québécois de la Langue Française), avant d’aller s’offrir un chocolat chaud au Plateau – ou une séance de calinothérapie au Chat l’Heureux (brownies et matous). Un peu au nord, il y a aussi le Parc Laf’ (Lafontaine), où, en mars, ressortent les hipsters et les écureuils albinos (si, si).

La chaleur de Montréal
Les sports d’hiver, c’est bien. Mais ce n’est pas tout. Même sous leurs jolis caches-oreilles en fourrure (lapin ou coyote), les Montréalais(es) gardent l’ouïe fine. Et ils savent repérer un café branché et un bon gig (bœuf) des miles à la ronde. Au Plateau, on les ramasse carrément à la pelle (à neige). Aux températures négatives de l’extérieur s’oppose la chaleur québécoise, la convivialité évidente, les jeux et les grands verres qui s’entrechoquent pour rectifier les longues soirées sombres.
Bien sûr, on poutine à toute heure (faut se requinquer, quand même). A la Banquise, au 994 rue Rachel Est, on fait parfois la queue en pleine nuit et en plein vent pour sa ration jubilatoire de frites aux grains de fromage fondu et sauce brune … La place, ouverte 24h/24, en propose une trentaine de versions (dont l’Obélix et l’Astérix). Elle fête cette année son 50e anniversaire. Bon anniversaire ! Au fait, le saviez-vous ? En février, Montréal célèbre la Semaine de la poutine. Et pour se réchauffer les orteils alors ? Rien ne vaut une bonne séance de spa. Et pour ne pas perdre le nord, au Bota bota, les bains à remous prennent l’air face au Vieux-Port !

Danser dans la neige
Un festival extérieur en plein hiver ? Les Montréalais n’ont pas froid aux yeux. Ça s’appelle l’Igloofest : trois week-ends 100 % électro entre janvier et février, piochés dans le top mondial, pour danser dans la neige. Dans la neige ? Affirmatif, comme disait Gainsbourg.
Puis, entre février et mars, Montréal en lumière s’annonce carrément comme l’un des plus grands festivals hivernaux au monde. L’idée ? Célébrer la blanche saison plutôt que de la maudire ! Près d’1 million de bons vivants débarquent alors dans le quartier des Spectacles. Musique, cinéma, danse, arts visuels, gastronomie, multiples activités (extérieures) gratuites s’empilent, jusqu’à l’apothéose de la Nuit Blanche. En 2018 : 600 artistes et 226 spectacles, une tyrolienne de 600 pieds (180 m) et une « glissade urbaine » de 360 pieds (110 m). Qui dit mieux ?

www.mtl.org/fr
www.quebecoriginal.com
www.montrealenlumiere.com


L’Amérique du Nord à tire d’aile
Un long week-end ? Il n’en faut pas plus pour aller respirer la fraîcheur nord-américaine. Chaque jour, Air Canada dessert directement Montréal au départ de Genève (départ à 12h00, arrivée à 14h20). Et ce n’est pas tout. On peut aussi gagner New York avec Swiss (JFK) et Washington avec United.

www.gva.ch

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