30° Degrés Magazine - Marseille

Marseille
sous le soleil, exactement

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Keystone

Aux vieilles lunes, incarnées par la bouillabaisse, l’accent fécond, le savon (de Marseille) et le fanal de la Bonne Mère veillant sur le Vieux-Port, répond la Marseille trendy et fashion, naviguant dans le sillage du MuCEM, des créateurs de mode et d’une scène culturelle vibrante. Découverte d’une ville transfigurée depuis qu’elle fut Capitale européenne de la Culture en 2013.

Planté dans le flanc de la ville jusqu’à toucher son cœur, le Vieux-Port croule sous la cohue des voiliers et derniers pointus, les barques de pêche. Les poissonnières gouailleuses continuent d’officier quai des Belges, à deux pas des surfaces miroitantes de l’Ombrière (une œuvre de Norman Foster) et de la Grande Roue qui, par périodes, survole la calanque au mépris du mistral.

De là, on remonte la mythique Canebière, en quête des façades néoclassiques et des caryatides. L’avenue, qui doit son nom au chanvre que l’on y vendait jadis, fait honneur à la réputation de Marseille, ville la plus embouteillée de France (177h par an et par personne en moyenne)… Cap sur le proche quartier Noailles, mi-souk, mi-marché provençal, où l’on achète son couscous en vrac.

Au cœur de Marseille, le Panier
Difficile de ne pas parler vieilles pierres à Marseille. Plus ancienne ville de France, la cité phocéenne a été fondée il y a la bagatelle de 2600 ans, par des colons grecs. Depuis, le Vieux-Port en a vu de toutes les couleurs : pirates, marins, paquebots, cargos et ferries chargés d’émigrants corses, italiens, africains et maghrébins, débarqués aux côtés de montagnes de marchandises importées de tout l’empire colonial. Marseille est devenue plaque tournante, chaudron, melting-pot. Son plus célèbre quartier populaire, perché au-dessus du port, ne s’appelle-t-il pas d’ailleurs le Panier ?

Les Grecs lui ont légué son embrouillamini de ruelles étroites et d’escaliers. Et le reste du monde a accroché à ses façades roses et ocre, cordes, culottes, pots de fleurs et canaris. D’en haut, le regard accroche la silhouette de l’incontournable Notre-Dame-de-la-Garde, protectrice des pêcheurs et des Marseillais, ancrée avec fierté à l’orée du Vieux-Port, avant de tomber sur les coupoles exotiques de la cathédrale néo-byzantine de la Major.

Un front de mer réinventé
En vis-à-vis, amarré sur le J4, l’ancien môle portuaire, le MuCEM extirpe Marseille du passé pour l’ancrer dans le XXIe siècle. Il y a là un drôle de bâtiment amphibie, la Villa Méditerranée, qui projette son colossal porte-à-faux face au musée proprement dit. Autant le premier est décrié, autant le second, tout de verre, habillé d’un treillis métallique réinventant le moucharabieh, est plébiscité. En son cœur: toute la Mare Nostrum. De là, une passerelle haute franchit les eaux pour percer les murailles du fort Saint-Jean, gardien immémorial du port. Interdit d’accès des siècles durant, il accueille désormais expositions, spectacles et jardin botanique aux terrasses suspendues.

Tout autour, un nouveau triangle d’or culturel se dessine avec le très actuel Théâtre de la Joliette, le vieux Silo a grain réinvesti par les têtes d’affiche et, un peu plus loin, le tout-récent FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain) du Japonais Kengo Kuma, à la surprenante façade de verre « pixellisée ». Côté shopping, les Docks, un centre commercial XXL (400 m de long !), autre visage de la revitalisation du front de mer, se fait l’écrin du foisonnement des créateurs locaux – Le Marseillais, Triaaangles, etc.

« Marseille accélère », affirme le slogan de la municipalité, qui n’en a pas fini avec les grands (ré)aménagements. Certains s’inquiètent. Jusqu’où changer ? La réponse est au bout de la route de la Corniche, aux Goudes, porte des Calanques. Un Marseille éternel y vit encore le week-end, bercé par le ressac, le pastis et les odeurs de sardine, dans les cabanons transmis de génération en génération. Les grands horizons à la porte de la maison.

Marseille à tire d’ailes
Il n’a jamais été aussi facile de courir les boutiques des designers marseillais avant d’aller visiter les cachots du château d’If, rendu célèbre par Le Comte de Montecristo! EasyJet assure 3 vols hebdomadaires directs au départ de Genève, les mardi, jeudi et samedi. Tarifs à partir de 25.90 CHF pour un aller simple, hors bagages et éventuels éléments additionnels.

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www.lescreateursmarseillais.com
www.mucem.org

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