30° Degrés Magazine - Les aventures intérieures

Les aventures intérieures
de Mike Horn

Texte: 30° Degrés Magazine: Laurent Grabet | Photo: Dimitri Sharomov

Au sortir d’une époustouflante traversée de l’Antarctique en solo par le Pôle Sud, le célèbre aventurier évoque pour la première fois, dans 30°, le volet spirituel de ses épopées. « Si une aventure est seulement physique, ce n’en est pas vraiment une ! », affirme-t-il d’emblée.

Qui ne connait pas Mike horn ? En Suisse, sa patrie d’adoption depuis 1990, l’aventurier d’origine sud-africaine est une vraie vedette. Parmi ses faits d’armes passés, deux sont restés ancrés dans les mémoires : la descente en hydrospeed de l’Amazone (1997) et le tour du monde en solo par le cercle polaire (2002). Pour beaucoup, le résident de Château-d’Oex (VD) incarne toute la force de la volonté humaine – celle qui peut renverser des montagnes, quitte à devoir les escalader ! Mais ne serait-il pas un peu trop tête brûlée, cet aventurier aussi insatiable qu’hyperactif ? Détrompez-vous. A tout juste 50 ans, Mike Horn ne cherche plus tant l’exploit physique ou la première spectaculaire que l’aventure intérieure, voire spirituelle.

« En se confrontant à la nature, à la solitude, à ses propres limites physiques et psychiques, on en arrive toujours au point où l’on prend du recul sur sa manière de réfléchir, de prendre des décisions ou de faire face à ses peurs. Beaucoup de choses bougent alors en soi. On se sent plus vivant. Plus présent. En définitive, la véritable aventure, c’est celle-là : l’aventure intérieure », explique Mike Horn.

Après moult tentatives infructueuses, c’est au sommet du Mont Cook (3724 m), point culminant de Nouvelle-Zélande, que nous sommes finalement parvenus à joindre l’aventurier par téléphone, en avril dernier… Il s’est longuement confié à nous, alors même qu’il venait d’achever une formidable traversée intégrale de l’Antarctique (5’100 km), réalisée seul, en tout juste 57 jours, via le Pôle Sud. Ce nouvel exploit s’inscrit dans le cadre de « Pole2Pole », une expédition de deux ans et 27’000 km lancée en mai 2016, qui consiste, comme son nom l’indique, à rallier un pôle à l’autre, en solitaire, en totale autonomie et en ne se déplaçant qu’à pied, à ski ou en bateau (à bord du voilier « Pangaea »).

Sa femme disparue est omniprésente
Sa traversée de l’Antarctique l’a, dit-il, amené à découvrir de « nouvelles frontières » en lui. La pensée de son épouse Cathy, décédée des suites d’une longue maladie en 2015, l’a sans cesse accompagné. « Elle était mon ancre. Sans elle, je n’aurais rien pu accomplir de ce que j’ai fait. Elle m’a donné la possibilité d’explorer le monde contre la promesse de revenir vivant. Lorsque j’écoute la playlist musicale qu’elle m’avait préparée pour ce voyage, la joie se mêle à une grande tristesse. Pole2Pole était notre dernier grand projet commun. Nous l’avons ciselé ensemble des mois durant, alors que Cathy était déjà malade, rappelle Mike Horn. A sa mort, j’ai perdu le goût de l’aventure. Tout cela n’avait plus vraiment d’importance. Je voulais plutôt être là pour nos deux filles. » Et puis le temps est passé, l’envie est peu à peu revenue.

Parti avec Annika et Jessica en 4x4, depuis la Suisse, pour une expédition dans la région du K2, Mike Horn y a retrouvé la sensation d’une famille soudée et puisé la force et la lucidité de ne pas tomber dans le plus grand piège qui soit – « celui de regarder en arrière et de rester bloqué dans un idéal qui n’existe
plus ». (...)

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