30° Degrés Magazine - Cracovie

Cracovie
la belle polonaise

Posée sur les berges de la large Vistule, la 2e ville de Pologne fut la plus brillante de ses capitales. De son château perché, les rois du pays, repoussant les Tatars, régnèrent sur un immense territoire étendu jusqu’à la mer Noire. La cité a gardé de cette apogée une rare richesse architecturale, sublimée par une vraie joie de vivre.

Le soir tombe sur le rynek, la vaste place centrale de Cracovie, et les corbeaux envahissent le ciel de leurs cris rauques, fondant sur les clochers et les tours de la vieille ville. Depuis la nuit des temps, la cité est associée à cet oiseau que d’autres peuples voudraient de mauvais augure. Déjà vénéré par les tribus slaves locales, puis emblème des rois polonais, le corbeau, kruk, lui a vraisemblablement donné son nom.

Ils survolent par centaines les tours inégales de la basilique gothique Sainte-Marie — dont la plus haute culmine à 80 m. De son sommet, un guetteur sonne le clairon à chaque heure du jour et de la nuit, pour s’interrompre soudain. Il commémore ainsi, 776 ans plus tard, la mort de son prédécesseur, rendu muet par une flèche tatare. Durant le seul XIIIe siècle, les envahisseurs venus de l’Est déferlèrent à 91 reprises!

L’empreinte médiévale
En 1241, la ville fut presque rasée. Les rois entreprirent une reconstruction d’une telle ampleur qu’elle fit de Cracovie l’un des phares de l’Europe médiévale, attirant à elle une foule d’artistes et d’artisans, allemands et italiens notamment. L’intérieur de la basilique révèle toute leur influence, en particulier son fantastique retable sculpté de personnages hauts de 2,70 m! Le rynek, étendu sur 4 ha, était alors la plus grande place du continent. On y venait de toute l’Europe et d’Orient pour commercer sous le marché couvert de sa Halle aux Draps, bâtie au XIVe siècle sous le règne de Casimir le Grand, roi de légende. L’édifice est toujours là. Tout autour, les nobles demeures baroques et les anciens palais, souvent enluminés de fresques et de frises, lui font une cour colorée.

Dès que le soleil pointe son nez, l’esplanade est envahie de promeneurs, de musiciens de rue, de stands de barbe à papa, de vendeurs de graines pour pigeons. On se donne rendez-vous devant la tête géante d’Eros, ou au pied de la tour (légèrement) penchée de l’Hôtel de Ville (XIVe). On s’attable aux terrasses des cafés, à côté du marché aux fleurs. Une rose, deux roses, tout un bouquet, les Polonais adorent offrir des fleurs. Les calèches blanches aux chevaux emplumés — très Empire austro-hongrois — font cliqueter leurs roues sur le pavé et, à Noël, un gigantesque sapin scintille.

Dans les caves voûtées
On dit de Cracovie qu’elle concentre le plus grand nombre de pubs et de clubs au monde. Il y en a pour tous les goûts: classique et musique sacrée dans les églises, caves à jazz de la vieille ville, opéra au théâtre Słowacki, pub crawls organisés par les auberges de jeunesse à grand renfort de snacks & shots, soirées électro ou house des rues Floriańska et Szewska, musique instrumentale klezmer dans l’ancien quartier juif de Kazimierz — autre hotspot nocturne. Les Polonais y rendent un fervent hommage à la Żywiec, à l’Okocim et, au-delà, à un nombre ahurissant de bières de microbrasseries…

Le cœur de la royauté polonaise
Une avenue en partie piétonne, bordée de maisons bourgeoises et d’églises, traverse le vieux centre: la Voie Royale. De la porte Saint-Florian, survivante de l’enceinte médiévale, elle menait les monarques et leurs hôtes jusqu’à la butte du Wawel — où Cracovie vit le jour. De 1038 à 1596, c'est de cette Acropole polonaise dominant la Vistule que les rois gouvernèrent au pays. Au XVIe siècle, Sigismond le Vieux fit remodeler le château, endommagé par un incendie, dans un superbe style Renaissance. La cathédrale attenante, au surprenant méli-mélo architectural, a vu bien des monarques polonais couronnés et inhumés. De sa sacristie, un escalier se hisse au sommet de la tour Sigismond, où s’amarre une cloche si lourde (10 tonnes) qu’il faut douze hommes pour actionner son marteau… De là, la vue, sublime, s’étend sur toute la ville.

Pour s'y rendre
Cracovie à 2h de Genève? Eh oui! EasyJet assure désormais 2 vols hebdomadaires directs, les mardi et samedi de mi-mai à fin octobre 2017, puis les mercredi et vendredi. Trajet à partir de 44 CHF en période creuse. www.easyjet.com/fr

Et pour vous faciliter la vie, l’Aéroport de Genève propose son e-services, avec réservation de place de parking, priority lane et accès au salon VIP. Bien pratique ! www.gva.ch/fr/desktopdefault.aspx/tabid-478

Climat
Le climat polonais, assez instable, est marqué par des hivers froids et, à Cracovie, des étés plutôt chauds. L’automne (septembre-début octobre) est généralement beau.

Liens
www.pologne.travel/fr (l’office de tourisme polonais)
http://krakow.travel/fr/ (l’office de tourisme de Cracovie)
www.inyourpocket.com/krakow (guide complet de Cracovie)
www.vanupied.com/guide-cracovie (guide de la ville, en français)
www.explore-krakow.com (autre guide en anglais)

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